Message de l’équipe des espaces sociaux et citoyens de Terre-Rouge et du Vieux Cahors (Lot)

L’équipe des espaces sociaux et citoyens de Terre-Rouge et du Vieux Cahors – Lot – Cécile CUMER avec Patricia, Marie, Anne-Laure, Zoher, Valérie et Jean-Jacques

Suite aux attentats de vendredi, j’ai été traversé tout le week-end par ce que je devais faire en tant que responsable de centre social, de ma responsabilité mais aussi de ma légitimité. Et cette réflexion a été partagée par mon équipe avec qui nous nous sommes réunis lundi matin. Que faire? Comment faire? Et avec qui faire? Et, au-delà de notre peine et notre compassion pour les victimes et leur famille, du choc de ces actes barbares, très vite, la peur qui s’est insinuée en nous relevait de l’après, des impacts sur notre société, sur notre capacité à vivre ensemble, de faire lien, de faire société commune convaincus que le centre social avait un rôle à jouer là-dedans de manière humble mais concrète. Mais comment et avec qui? Sans faire pour faire, en laissant le temps, respectueusement. Laisser la parole s’exprimer, l’accompagner et collectivement, trouver nos réponses. Se serrer les coudes aussi.

Alors, pour organiser la minute de silence de lundi, de manière spontanée, j’ai appelé mes collègues de l’école à côté et, Marie, animatrice a joint quelques parents relais dont on savait qu’il récupérait leurs enfants à l’école et qu’ils pourraient en parler à d’autres. Au final, en une petite heure, nous nous sommes retrouvés une bonne cinquantaine à midi, personnel du centre social, enseignants, parents, enfants pour rendre hommage aux victimes et dénoncer ces actes barbares mais également pour réaffirmer qu’à l’échelle de nos quartiers, nous portions les valeurs du vivre ensemble, de la fraternité dans le respect des différences.

Un groupe à l’image de notre quartier, riche de ses différences, de ses diversités et de ses valeurs communes, qui a pu exprimer collectivement sa douleur pour les victimes des attentats et leur famille mais également sa peur de la stigmatisation et des amalgames, poisons du vivre ensemble au quotidien. Un moment fort qui nous fait réaffirmer que nous devons, dans notre structure, renforcer encore notre capacité à construire les ponts permettant le dialogue, l’échange, la connaissance mutuelle. Que nous sommes des lieux permettant à toutes les personnes cherchant des espaces pour dire une conception de la société de demain respectueuse de toutes et de tous, mais également de nos grands principes, de le trouver ici chez nous, chez eux quoi. Trouver ensemble, avec les habitants, les partenaires des idées pour contribuer à construire une société qui serait à la hauteur demain pour nos enfants d’aujourd’hui. Anticiper demain pour construire malgré tout une société où chacun sentira qu’il peut y avoir sa place et où la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité seront encore et toujours nos quatre piliers pour faire société commune. Et puis, rire, partager, se faire plaisir, s’émouvoir, débattre, se retrouver juste pour le plaisir d’un café et de discuter un moment, râler, bref ces choses de la vie qui font aussi un centre social, qui ne sont pas mesurables mais qui, aujourd’hui, 4 jours après les attentats, nous semblent un si précieux trésor ! Et faire la nique aux terroristes et au extrémistes…. Encore et toujours…

Publié par

Julien Bastide (modérateur)

chargé de communication FCSF / webmestre du site www.centres-sociaux.fr.

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