Ce vendredi à Paris

Par Nabil Kouidi, président de la Fédération des centres sociaux du Val d’Oise

C’est avec effroi et tristesse que je m’adresse à vous en tant que Président de la fédération des centres sociaux du Val d’Oise et citoyen français.

En effet, nous venons toutes et tous de vivre une tragédie indigne et inhumaine qui a frappé en plein cœur Paris ce vendredi 13 novembre 2015.

Des innocents et des innocentes ont été lâchement exécutés juste parce qu’ils voulaient vivre des instants de vie comme nous tous.

Je me sens complétement imprégné d’une souffrance intérieur pour plusieurs raisons : Habitant de la région parisienne à moins de 10 km de Paris et qu’en tant que français issus de l’immigration magrébine, je vais me sentir, dorénavant encore plus stigmatisé et peut être subir des représailles du à mes origines et mes croyances.

Je crois profondément aux valeurs républicaines de la France «  Liberté, Egalité, Fraternité » et que le rempart à cette barbarie lâche et inhumaine est par évidence le vivre ensemble.

Nous tous, en tant qu’acteurs de terrain qui prônons au quotidien la dignité humaine et le respect de chacun, devront poursuivre avec la plus grande ferveur notre combat dans nos quartiers, nos territoires et rester fraternel et solidaire entre nous.

Aujourd’hui dans mon centre social les visages étaient fermées, triste, car la tragédie de janvier à Charlie Hebdo et à l’Hyper Cacher résonne encore en écho dans nos esprits. Et là on se dit qu’elle sera l’avenir pour nos enfants ?

Ce matin en déposant mon fils à l’école, la directrice nous a catégoriquement (et sans explications) interdit l’accès dans l’école et dans les classes. Mon fils de 3 ans ne comprenait pas et je n’ai pu lui expliquer les raisons, sauf lui dire « ne t’inquiète pas c’est exceptionnel tu es entre de bonnes mains », mais ça ne l’a pas convaincu. Il partit seul vers sa classe tête baissé sans explications face à cette situation. Actuellement je ne sais pas comment lui expliquer ce qui s’est passée, mais je sais que tôt ou tard il me posera des questions auquel je devrais apporter une réponse adapté à un enfant encore dans l’imaginaire et le féérique.

Cela montre à qu’elle point nous devons sans relâche, offrir des espaces d’échanges et de partage,  pour que la parole se libère « et que les amalgames s’estompent. Car ce que nous voulons avant tout c’est vivre libre dans un pays où l’acceptation de l’autre est une valeur intrinsèque.

 

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